J’ai des gros problèmes avec l’école de mon fils depuis quelques temps.
Bon, j’ai rué dans les brancards lorsqu’un, puis deux enfants ont été testés positifs au Covid dans la classe de 8 élèves et qu’ils se sont contentés de rappeler aux parents de dire aux enfants de bien porter leur masque.
Lorsque j’ai râlé sur cette communication, on m’a dit que seul mon enfant ne portait pas bien son masque. Il s’est avéré que ce seul cas de « non-respect des gestes barrières » était négatif au Covid (oui, je dis « le » Covid !).
Depuis, bizarrement, l’attitude de mon fils est devenue inacceptable à l’école. Et on me dit, accessoirement, que jamais, ô grand jamais, ils ne m’ont dit que mon fils était le seul à ne pas bien porter son masque.
Je suis donc schizophrène ou menteuse.
Et l’attitude de mon fils, qui est chiant globalement, est devenue subitement intolérable au sein du collège, beaucoup plus que l’attitude du gamin qui deale, propose aux gamines de leur faire rencontrer des messieurs pour se faire de l’argent de poche, etc…
Je suis dans une impasse puisque c’est une école hors contrat, qu’il n’a rien branlé en maths depuis le début de l’année (normal, puisque le cours est désormais assuré par le prof de musique qui jure comme un charretier) et que pour lui faire intégrer une nouvelle école, il faut qu’il passe un test, qu’il ne réussira fatalement pas pour le moment. Et comme nous sommes dans un monde de compétition, où l’on compare les poissons et les singes en leur demandant d’avoir les mêmes capacités en natation et en escalade, on estimera qu’il n’a pas le niveau en maths et on le fera redoubler, alors qu’il a un QIT de 158 (oui, je mets les chiffres et tu fermes bien ta gueule si tu n’y connais rien !) et qu’il est parfaitement capable de rattraper une année de maths en 2 mois.
J’ai pris une prof de maths particulière. J’ai proposé qu’il vienne à l’école à mi-temps pour rattraper son retard. L’école a refusé et a simplement demandé que nous nous plions à leurs règles.
Les directrices m’ont envoyé un ultimatum la semaine dernière :
– soit on leur fait tous les deux confiance et mon fils revient dans une posture d’élève avec l’emploi du temps complet des cours obligatoires de 9H à 14H45 (il prend alors des cours particuliers après ces horaires).
– soit mon fils quitte le collège.
J’ai reçu exactement ces mots-là. Et moi, les mots, je les analyse. Ils ont un sens.
En l’occurrence, sur le site du Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales, la définition de la confiance est celle-là : « Croyance spontanée ou acquise en la valeur morale, affective, professionnelle… d’une autre personne, qui fait que l’on est incapable d’imaginer de sa part tromperie, trahison ou incompétence. »
Je dois donc être incapable d’imaginer de leur part tromperie, trahison ou incompétence, alors même qu’elles me mentent, ne se remettent pas en question et proposent un prof incompétent (pas tant dans la matière, puisque, comme elles me le disent, il a un niveau de maths supérieur à la 4ème, mais dans la pédagogie, puisqu’il est musicien, pas même professeur, et est, en l’occurrence, le fils de la directrice).
Et elles m’interdisent d’imaginer. Je dois les croire et faire taire mon imagination.
Et je n’ai pas le choix.
Mais j’ai des ressources, pas seulement intellectuelles, mais également en patience et en contre-manipulation.
J’ai donc transféré l’échange de mails aux autres parents pour leur demander de jouer aux médiateurs.
Que m’ont répondu les parents ?
Petit indice : je vous rappelle que nous sommes dans un système scolaire qui met en compétition les poissons et les singes.
Pauvre naïve que je suis ! Je n’imaginais pas qu’il y avait aussi une compétition de parents !
Les parents m’ont donc conseillé de parler à mon fils ! Oui, oui… Ce truc d’1m60 qui squatte chez moi depuis plus de 12 ans, je n’avais pas capté qu’il fallait communiquer avec lui ! Pourtant, il sait parler, mais bon, moi je mettais ça naïvement sur ces capacités intellectuelles (158, je vous rappelle. Toi, au fond, qui jalouse le chiffre : Ta gueule !).
Et qu’est-ce que je dois lui dire à mon fils ???
(Je dois être effectivement schizophrène, en écrivant cette phrase, j’ai entendu la voix de Nabila la prononcer !)
Je dois lui dire d’avoir un bon comportement !
Han !!!!!
(Est-ce que les schizophrènes entendent aussi de la musique ? Parce que là, je viens d’entendre l’Alléluia d’Haendel : https://www.youtube.com/watch?v=PHcJ_95WgNw )
Bon, je dis tout cela avec du recul, parce que sur le coup, j’ai plutôt entendu la chevauchée des Walkyries de Wagner (https://www.youtube.com/watch?v=1Wqc0hr4qvU).
Non, mais, oh ! Les parents ! Tu me prends pour qui ? Tu me prends vraiment pour la gourdasse qui ne parle pas à son fils et qui lui dis : « vas-y, mon gars ! Fous le bordel en classe ! Yiha ! ».
Puis une maman a voulu faire la médiatrice (« l’axe de symétrie du segment », on parle aussi des maths, avec mon fils).
Elle m’a proposé d’en parler à la directrice du collège, juste après la réunion de « l’école des parents » qui se tenait samedi.
Ah ! Il faut que je vous parle de cette école des parents !
Cette directrice du collège, également coach parental (si, si ! ça existe !), a mis en place cet atelier et proposé également un coaching payant aux parents qui le souhaiteraient. L’atelier est… Obligatoire ! Enfin, c’est pas dit comme ça. Elles (les deux directrices) ont écrit au début d’année qu’elles souhaitaient « que tous les parents soient présents à un atelier par trimestre ».
C’est ma faute ! C’est ma très grande faute ! Je m’en branle du coaching parental !
Je suis mère depuis 18 ans, j’ai fait le tour de la question, j’ai lu des tonnes de livres, j’ai participé à tout ce qui était possible et franchement, ça me gave. Voila. Désolée, hein.
Pourtant, dans cet atelier, ils abordent des sujets merveilleux !
– Le travail scolaire : comment me positionner en tant que parent ?
– Au secours, mes limites sont atteintes !
– Dire « non » en ayant la conscience tranquille.
– La gestion des conflits avec mon enfant / mon ado.
– Quand Père et Mère ne sont pas d’accord !
Wahou ! Quand ton fils ainé a 18 ans, c’est vrai que tu ne maitrises pas tout ça !
Et pour couronner le tout, une sortie est organisée pour clôturer l’année et partager un moment de détente entre adultes ! Génial ! Je leur proposerais bien une sex-party à la Mutinerie, tiens !
Mais bon, ils ont pas l’air très open sur les mamans lesbiennes qui font des bébés toutes seules, puisque les ateliers payants sont à 12€ par participant et 18€ pour les couples. C’est moins cher pour les couples que pour les familles monoparentales… C’est balo.
Je déconne, bien sûr. Je ne vais pas leur proposer la Mutinerie, je ne suis même pas lesbienne, en plus !
Bon, revenons à nos moutons, nos petits poissons, nos petits singes et nos petits zèbres.
Donc, une maman a voulu jouer la médiatrice.
Elle m’a raconté avoir attendu la fin de l’atelier pour parler à Wonder-coach la directrice du collège et qu’une maman attendait devant elle. Cette maman voulait justement lui parler de moi. Enfin, non, elle voulait lui parler de mon fils, ce petit voyou qui… parle en classe !
Elles ont évoqué toutes les deux le fait qu’il fallait absolument que je parle à mon fils pour lui demander qu’il se tienne sage…
Voilà, voilà… Donc les Walkyries, puis l’Alléluia de Haendel.
Et j’ai fini par comprendre !
Elles me prennent toutes pour une conne. Ils me prennent tous pour une conne, les parents.
Forcément, je ne vais pas à l’école des parents.
Mais j’ai pas de cartable !
Donc, j’ai eu une révélation, LA révélation. Mozart à donf dans ma tête – « Laudate Dominum » – c’est trop beau de s’apercevoir qu’on est pris pour une connasse ! J’avais les larmes aux yeux…
Donc j’ai pris mon petit ordinateur, mes petits doigts, mon petit cerveau de conne et j’ai écrit un joli petit mail pour leur dire que je tenais à les rassurer sur ce point : je parle régulièrement à mon fils et je lui demande d’avoir un bon comportement. Ça me semblait tellement clair, que je ne l’ai jamais précisé effectivement, et je les prie de m’en excuser. Cela me semblait couler de source.
Bon, comme je suis une petite peste, conne, certes, mais peste, j’ajoute qu’à une époque, elles avaient trouvé mon discours formidable et qu’elles me faisaient confiance. Je pensais que cette confiance était acquise, et je m’en voyais donc désolée.
Entendons-nous bien. Je veux bien être traitée de conne, de schizophrène et toussa. Mais, je ne suis pas si conne que ça et ce que je leur dis, c’est tout de même qu’elles m’ont pris à priori pour une mauvaise mère et n’ont eu aucune confiance en mes capacités éducatives et intellectuelles.
Si je traduis mon mail en langage de jeunes caricaturaux de banlieue, je leur dis : « wesh, grosse ! Tu m’as pris pour une conne ! Vas-y, t’as pensé qu’j’étais pas une bonne daronne ! ça s’fait ap d’insulter les mères ! Sale pute ! » (En crachant le « p » de pute).
Et elles m’ont répondu quoi, les grosses directrices ?
« Nous vous remercions de ces précisions concernant votre implication. »
Il n’y a plus de musique, dans ma tête, là.
Elles me remercient de leur préciser que je suis une bonne mère.
Donc, je reprends : Elles me demandent une confiance totale (en me faisant payer 600 balles par mois, quand même), mais A PRIORI, elles considèrent tout parent comme incompétent qui doit faire ses preuves, et montrer son implication (de base) dans l’éducation de ses enfants.
Je respire.
Je souffle.
Et vite, je passe « la mer » de Debussy dans ma tête.
Elle a fait ses preuves, elle, au moins, cette mer-là !
Voila. Et tout cela n’est qu’une infime partie de ce que j’ai vécu en tant que mère face à l’éducation Nationale ou hors contrat.
Et à côté de cela, une maman, que je n’ai pas vu depuis 4 ans, que je n’ai aucun risque de croiser puisque j’ai déménagé à 10 km de sa ville (et que Castex me protège donc d’elle), vient commenter un article de ma page concernant l’abandon des bacs pro par Jean-Michel Blanquer par un « Quoi ? Votre fils est en bac pro ? », ce qui veut dire : « Quoi ? (Prononcez « Queue oie »), je croyais qu’il était surdoué et il est dans un bac poubelle ??? Oh la menteuse ! ».
Ferme ta gueule, connasse !
Non, je n’ai pas dit à tout le monde que mes mômes étaient surdoués, je me suis juste confiée une fois à cette maman, que je pensais « à priori » intelligente et elle a pris ça pour une déclaration de guerre, une confrontation, une obligation à entrer dans la compétition.
En fait, là où je me plante, c’est que je pense « à priori » que mes contemporains sont intelligents, au moins autant que moi et ont les mêmes compétences humaines que moi. Alors que toutes ces connasses et ces connards, pensent « à priori » que les autres sont bêtes, au moins plus bêtes qu’eux et ont moins de compétences.
Ça doit être ça, ce qu’on appelle la naïveté : croire en l’intelligence des gens.
Je suis vraiment naïve, puisque je crois que quelqu’un va lire cet article jusque-là…
Mais si tu es arrivé là : merci.





